Même dans les préfectures françaises où les
étrangers comptent pour du beurre, les Sénégalais étaient mieux traités que
dans leurs propres représentations. Cette analogie très chargée est,
aujourd’hui, mise à l’épreuve par les efforts du Consul Général du Sénégal à
Paris qui rationalise progressivement
l’institution qu’il dirige. Perçu, par les usagers, comme un des repaires les
plus déliquescents de la bureaucratie sénégalaise, le 22, rue de l’Amiral
Hamelin a, souvent, vu sa légitimité et son utilité raillées. L’espace en soi
n’est pas en cause, loin s'en faut. Bien situé dans les beaux quartiers de Paris, comme toutes
les maisons officielles du Sénégal en France, le Consulat est un symbole
permanent de l’affinité séculaire entre les deux pays.
C’est, véritablement, la qualité des ressources
humaines et des services qui ont été à l’origine de la mauvaise réputation de
l’adresse. Certains personnels aux profils improbables, aux parcours atypiques
et à l’intégrité problématique ont pu contribuer à la disgrâce de
l’institution. En effet, le régime précédent ignorait les critères les plus
élémentaires pour confier certaines responsabilités républicaines. A défaut de
mérite, admettons qu’il est plus aisé de savoir lire et écrire quand on
travaille dans un bureau à Paris. Or, on a assisté à des déploiements
d’aventuriers politiques qui n’excellent que dans les mensonges, les violences
et les mauvais coups. Malheureusement ce ne sont pas les étiquettes
honorifiques qui allaient les bonifier. Au contraire, comme ils étaient pressés de
tourner la page de leur médiocrité notoire, ils s’enfermaient dans la chimère
des titres et oubliaient leurs instructions et leurs missions de service
public. Ils sortent souvent de ces expériences aléatoires avec des TOC
irréversibles, sans avoir fait la carrière rêvée. Le cerveau est un muscle,
n’est-ce pas ? D’ailleurs, en mai 2011, la convergence des cadres
républicains (CCR de France) avait fait dix propositions dans ce sens, dont
celle qui consistait à « bannir les nominations de complaisance ou basées
sur des critères politiciens ».
Depuis sa prise de fonction le 2 janvier 2013, le
nouveau consul, le camarade Amadou Diallo, a entrepris des améliorations appréciables de ses services.
Depuis quelques jours, nous le constatons sur le site www.consulsen-paris.fr et sur
d’autres supports en ligne. Il est désormais possible de prendre des
rendez-vous en ligne, de se renseigner sur les démarches 24h/24h via une
permanence téléphonique et de bénéficier de conseils juridiques sur les droits
des expatriés. En outre, le Consul reçoit les mardis et jeudis sans rendez-vous
entre 10h et 13h et prévoit des déplacements en province en vue de mettre en
place des points d’informations consulaires (PIC). Sur place, une signalétique d'informations pratiques est également mise en place. La production et la délivrance
de passeports biométriques auxquelles s’ajoute le visa demandé aux étrangers
depuis le 1er juillet 2013 constituent les principales raisons des
flux qui nécessitent de meilleures dispositions. La satisfaction des demandes
des citoyens doit être plus que jamais inscrite dans les priorités des
autorités consulaires nouvellement installées. Cependant, on est loin de l'insalubrité d'antan, avec cette terrible façade arborant un drapeau du Sénégal en lambeaux. Même si les habitudes ont la
peau dure, la volonté et la persévérance des équipes actuelles peuvent redorer le
blason de cette maison du Sénégal au cœur de Paris et réconcilier, plus largement, nos compatriotes avec leurs administrations extra-nationales.
Latyr DIOUF, CCR France

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